Le Grand et le Petit Albert

Tout le monde a entendu parler de ce livre et bon nombre de personnes se précipent pour l’acheter sans réellement connaître son contenu et son histoire.
En effet, un livre remontant au XIIème siècle recellant de rituels est toujours bon a avoir dans sa bibliothèque lorsque l’on s’intéresse à l’occultisme. Mais nombreux sont ceux qui, étonné et peut-être déçu, jettent aux oubliettes ce livre pensant qu’il ne s’agit que d’une compilation de rituels plus grotesques les uns que les autres.
Détrompez-vous, ce livre est une mine d’information pour qui sait lire entre les lignes …

Albert le Grand – De son histoire …

Albert de Bollstädt est né en 1193 à Lauingen, sur les bords du Danube.
Entre 1230 et 1234, il fait des études de théologie dans lesquelles il brille par son goût pour les sciences expérimentales et c’est en 1242 qu’il arrive à Paris, pôle universitaire de l’Occident médiéval.
Il y enseignera du 11 septembre 1245 au 29 juin 1248 puis est élevé au rang de « Maître » (« Docteur » aujourd’hui).
Albert retourne alors à Cologne où il fonde le Studium General (institut détudes supérieures). C’est alors qu’il formera son plus illustre élève ; Saint Thomas d’Aquin.
Alors qu’il a plus de 60 ans, Albert est nommé à la tête de la province de Teutonie, il parcourera à pieds et sans argent la province où est dispercé près de quarante couvents.
C’est lors de ses périples qu’il redigera certaines notes du Grand Albert sur ses observations botaniques, géographiques, vétérinaires et médicales.

On insinura clairement plus tard qu’Albert le Grand fabrique de la fausse monnaie grâce a des procédés alchimiques.

Il décèdera le 15 novembre 1280 à Cologne.

Albert le Grand - … A sa légende

Sa légende nous a tout d’abord été fournis par Albert le Grand en personne, lorsqu’il raconte qu’il a de nombreuses fois priés le ciel pour obtenir les capacités intellectuelles pour pouvoir poursuivre de telles études.
Il vit en 1229, La Vierge et des anges dans ses rêves qui lui aurait donné une capacité de mémoire et une habileté rhétorique inespéré jusqu’alors.

On prétend qu’Albert le Grand aurait, après 30 années de travail, réussi à construire un automate vivant composé de métaux forgés sous des constellations précises. Il aurait été capable de répondre à des questions et de mener à bien divers tâches.
Cet «homme» n’aurait pas survécu à la jalousie de Saint Thomas d’Aquin qui l’aurait détruit.
On retrouve dans cette légende les deux passions d’Albert le Grand : la mécanique et l’alchimie.
Cette dernière étant explicité par cette tête répondant aux divers questions que les occultistes appellent « la tête d’airain » référence au «caput mortuum» du Grand Œuvre alchimique, qui montre si la direction prise est la bonne.

Albert le Grand reconnaît qu’il pratique la magie dans son « Traité de l’âme »

« Mais ce qui semble trancher totalement cette dispute est ce qui est affirmé par l’antique trismégiste et par Socrate, comme actuellement par l’Ecriture sainte et les enchanteurs, à savoir que les forces existant dans le corps que l’on appelle anges ou démons se meuvent d’un lieu à l’autre, comme les âmes que l’on a fait sortir de leur corps ; vérité que nous avons expérimentée par notre pratique de la magie. »

Mais il préconise l’utilisation de la magie dans un but positif.

« Le philosophe dit en plusieurs endroits que toute science est bonne de soi-même, mais que son opération est bonne ou mauvaise suivant la fin à laquelle on la dirige et l’usage que l’on en fait ; d’où l’on conclut deux choses : la première, que la magie n’est point défendue ni mauvaise, puisque par sa connaissance on peut éviter le mal, et faire le bien ; la seconde, c’est que l’on loue l’effet par sa fin, et que souvent une science n’est pas approuvée parce qu’elle ne tend pas au bien ou à la vertu ; ce qui fait que toute sorte de science est bonne ou mauvaise, comme on le voit dans la magie, qui est, suivant ce que l’on dit, une bonne connaissance, mais fort dangereuse, lorsque l’on s’en sert pour connaître les choses naturelles, comme je l’ai appris de divers aueurs. »

Ou encore dans le « Traité des Minéraux ».

« Les prodigieuses et merveilleuses vertus des pierres, et plus particulièrement des sceaux et des images gravées sur les pierres ne peuvent être comprises sans la connaissance de la magie, de la nécromancie et de l’astrologie. »

Albert prétend que les anges et les démons sont à l’interieur même de notre personne.

« Ayant lu les livres de nécromancie, des images et de la magie, j’ai trouvé que l’affection et la volonté de l’homme étaient la seule source et la principale cause de toutes ces choses. »

Albert le Grand défini la magie comme étant le combat de chacun contre ses propres démons.

Matiafis

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